Lettre de motivation AESH : exemple et conseils
Une lettre de motivation d’AESH s’adresse au rectorat ou à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), qui recrute, et non à l’école : elle dit par quelle condition vous êtes éligible (diplôme de niveau bac, DEAES, ou expérience d’accompagnement de personnes en situation de handicap), ce que vous savez du rôle (aider l’élève dans les gestes, les déplacements, les apprentissages et la vie sociale, sous la responsabilité de l’enseignant), et ce qui, dans votre parcours, le prouve. Elle donne vos disponibilités sur le temps scolaire et le secteur géographique que vous acceptez.
L’essentiel
- Les AESH sont recrutés par l’Éducation nationale, le plus souvent par la DSDEN du département ou par le rectorat, via une campagne de recrutement et un dossier ; la lettre et le CV en font partie.
- Trois voies d’accès existent : un diplôme de niveau bac, le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), ou une expérience d’au moins neuf mois dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap.
- Le contrat est un CDD de droit public qui peut déboucher sur un CDI selon des règles qui ont évolué récemment ; vérifiez la durée annoncée dans la campagne de votre académie.
- L’affectation se fait souvent dans un PIAL (pôle inclusif d’accompagnement localisé) qui regroupe plusieurs écoles et établissements : la lettre dit le secteur et la mobilité que vous acceptez.
- L’AESH agit sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant : il adapte les supports, aide à l’organisation, accompagne les gestes et les déplacements, mais ne remplace ni l’enseignant ni le soignant.
Un premier paragraphe prêt à adapter
Une ancienne auxiliaire de vie à domicile, titulaire du DEAES, qui a accompagné pendant trois ans des adultes en situation de handicap moteur, candidate à la campagne de recrutement d’AESH de la DSDEN de son département pour la rentrée, sur le secteur de sa commune.
Objet : Candidature au recrutement d’AESH, rentrée [année], secteur de [communes]
Madame, Monsieur,
Votre campagne de recrutement d’AESH pour la rentrée [année] décrit l’accompagnement d’élèves en situation de handicap dans les actes de la vie quotidienne, l’accès aux apprentissages et la vie sociale de la classe, sous la responsabilité de l’enseignant et au sein d’un PIAL. Titulaire du diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social depuis [année], j’ai accompagné pendant trois ans, pour [nom de la structure], des adultes en situation de handicap moteur à domicile : aide aux déplacements et aux gestes du quotidien, organisation de la journée, mise en place d’aides techniques, lien avec les familles et les professionnels de santé. Je souhaite mettre cette expérience au service d’élèves, dans la classe et avec leurs enseignants, et je suis disponible dès la rentrée sur le secteur de [communes], véhiculée.
Ce que le recruteur cherche vraiment
Le service de la DSDEN ou du rectorat qui lit votre lettre instruit des dizaines de dossiers pour couvrir des notifications d’accompagnement qui arrivent toute l’année. Il vérifie d’abord l’éligibilité (diplôme, DEAES ou expérience) et la disponibilité : temps scolaire, secteur géographique, acceptation d’une affectation sur plusieurs établissements. Il cherche ensuite une personne qui comprend le rôle : accompagner un ou plusieurs élèves selon les besoins notifiés, dans la classe, en lien avec l’enseignant et la famille, sans se substituer à l’un ni à l’autre, et qui sait tenir une place discrète dans une salle de classe.
Il lit ensuite ce que vous avez déjà fait auprès d’enfants ou d’adultes en situation de handicap, ou d’enfants en difficulté : aide aux devoirs, animation, aide à domicile, service civique, accompagnement d’un proche si vous savez le dire sobrement et sans détail médical. Il apprécie une phrase qui montre que vous savez adapter un support (agrandir, aérer, reformuler une consigne), structurer une tâche en étapes, aider à la prise de notes ou aux déplacements, et rendre compte à l’enseignant. Enfin, il regarde votre patience et votre régularité : un accompagnement s’installe sur des mois, à des horaires scolaires, parfois avec peu de reconnaissance immédiate.
Les mots des offres, et la preuve à donner pour chacun
Relevez dans l’annonce les mots qui reviennent et reliez chacun à un fait de votre parcours. Les plus fréquents pour ce métier :
- Accompagnement des élèves dans les actes de la vie quotidienne, les déplacements, l’installation : un exemple d’aide concrète que vous avez apportée à une personne (repas, habillage, déplacements), sans détail intime.
- Aide à l’accès aux apprentissages, adaptation des supports : une consigne que vous avez reformulée, un document que vous avez aménagé, une tâche découpée en étapes.
- Travail en lien avec l’enseignant, l’équipe éducative et la famille : la façon dont vous rendez compte et le cadre (projet personnalisé de scolarisation, réunions d’équipe de suivi).
- Aide individuelle, aide mutualisée, accompagnement collectif en ULIS : ce que vous savez de ces modalités et celles que vous acceptez.
- Affectation en PIAL, plusieurs établissements, mobilité : le secteur que vous couvrez et votre moyen de déplacement.
- Discrétion, patience, respect de la confidentialité : une situation où vous avez tenu une place en retrait tout en aidant.
- Diplôme de niveau bac, DEAES, ou neuf mois d’expérience : votre condition d’éligibilité dès la première ligne.
Avec de l’expérience : les faits qui comptent
Si vous avez déjà exercé comme AESH ou dans un métier voisin (aide-soignant, auxiliaire de vie, animateur en structure spécialisée, éducateur), votre lettre choisit deux ou trois faits : le nombre d’élèves accompagnés et le type de besoins en termes généraux (troubles des apprentissages, troubles du spectre de l’autisme, handicap moteur, déficience sensorielle), les niveaux (maternelle, élémentaire, collège, lycée), les modalités (individuelle, mutualisée, ULIS), les adaptations mises en place avec l’enseignant, votre participation aux réunions de suivi. Un AESH qui change d’académie dira pourquoi, et depuis quand il exerce.
Dites ce que vous attendez : un temps de travail plus complet, un secteur plus proche, un passage du premier au second degré. Mentionnez les formations suivies (formation d’adaptation à l’emploi, modules sur un trouble particulier) et votre date de disponibilité. Restez sobre sur les élèves : aucune information qui permettrait de les identifier, ni dans la lettre ni dans le CV. Si vous avez accompagné des élèves lors d’examens aménagés (secrétariat d’épreuve, temps majoré), dites-le en une ligne.
Sans expérience ou en début de carrière
Sans expérience d’AESH, dites d’abord par quelle voie vous êtes éligible (bac ou plus, DEAES, ou neuf mois d’accompagnement de personnes en situation de handicap, avec les employeurs et les dates). Puis donnez ce qui, dans votre parcours, prouve le rôle : aide aux devoirs, animation en accueil de loisirs incluant des enfants en situation de handicap, aide à domicile, service civique dans une école, bénévolat associatif, accompagnement d’un proche dit en une phrase. Décrivez une situation où vous avez aidé quelqu’un à faire plutôt que de faire à sa place.
Donnez vos disponibilités sur le temps scolaire et le secteur géographique que vous acceptez, avec votre moyen de transport, puisque le PIAL peut vous affecter sur plusieurs établissements. Dites ce que vous savez du rôle, de ses limites et de son cadre (enseignant responsable, projet personnalisé de scolarisation). Si vous avez le PSC1 ou une formation aux gestes de la vie quotidienne, citez-les. Une lettre qui ne confond pas l’AESH avec un soignant ni avec un enseignant est déjà en bonne place.
La structure d’une lettre de AESH en trois temps
La lettre tient sur une page, en quatre paragraphes. D’abord vous : l’offre, l’établissement ou l’entreprise, ce que vous en avez compris. Puis moi : deux ou trois faits de votre parcours qui répondent aux mots de l’annonce, avec les éléments que ce métier exige (voir « Prérequis »). Puis nous : ce que vous proposez, disponibilités, date de début, rencontre. Enfin une formule de politesse sobre.
- Prérequis : Diplôme de niveau 4 (bac ou équivalent), ou DEAES, ou expérience professionnelle d’au moins neuf mois dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap.
- Prérequis : Casier judiciaire compatible avec l’exercice auprès de mineurs, vérifié par l’administration.
- Prérequis : Disponibilité sur le temps scolaire et mobilité sur le secteur du PIAL (plusieurs établissements possibles).
- Prérequis : Une formation d’adaptation à l’emploi est assurée après le recrutement ; elle n’est pas un prérequis.
Candidature spontanée : à qui écrire, quoi dire
La candidature spontanée d’AESH passe le plus souvent par le dossier de candidature en ligne de l’académie ou par un courriel au service des AESH de la DSDEN du département. La lettre dit votre condition d’éligibilité, votre secteur géographique, vos disponibilités (temps scolaire, dès quelle date) et ce qui vous prépare au rôle. Les besoins apparaissent toute l’année au fil des notifications : une lettre qui précise « disponible immédiatement sur le secteur de [communes] » peut être rappelée en cours d’année. Précisez si vous acceptez une affectation en collège ou en lycée.
En reconversion vers le métier de AESH
On devient AESH depuis l’aide à domicile, la petite enfance, l’animation, le commerce ou un métier de bureau, souvent pour un travail auprès d’enfants sur le temps scolaire. La lettre dit votre voie d’éligibilité (bac, DEAES, ou expérience d’accompagnement), ce qui est transférable (patience, aide à la personne, organisation, travail sous la responsabilité d’un autre professionnel) et ce que vous avez vérifié du métier : une rencontre avec un AESH, une immersion, une lecture précise du rôle. Évitez de présenter le poste comme un tremplin vers l’enseignement : le service recrute pour accompagner des élèves, sur la durée.
Les erreurs qui coûtent
- Adresser la lettre à l’école ou au directeur alors que le recrutement se fait au rectorat ou à la DSDEN.
- Ne pas indiquer sa condition d’éligibilité (bac, DEAES ou neuf mois d’expérience), première vérification du service.
- Confondre l’AESH avec un enseignant, un éducateur spécialisé ou un soignant : on accompagne sous la responsabilité de l’enseignant.
- Raconter la situation d’un élève ou d’un proche avec des détails médicaux ou identifiants.
- Présenter le poste comme un passage en attendant un concours d’enseignant.
- Taire ses limites de mobilité alors que le PIAL peut affecter sur plusieurs établissements.
Questions fréquentes
- Qui recrute les AESH et à qui envoyer la lettre ?
- L’Éducation nationale, par la DSDEN du département ou le rectorat, selon l’organisation de l’académie : la candidature passe par un dossier en ligne ou un courriel au service des AESH. L’école et son directeur n’embauchent pas ; ils peuvent signaler un besoin, pas recruter. Vérifiez sur le site de votre académie la procédure et le calendrier de la campagne.
- Peut-on devenir AESH sans diplôme ?
- Oui, par la voie de l’expérience : neuf mois au moins dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap (aide à domicile, structure médico-sociale) permettent de candidater sans le bac. Sinon, il faut un diplôme de niveau bac ou le DEAES. Indiquez la voie choisie en tête de lettre, avec les dates et les employeurs.
- Quelle différence entre AESH et AVS ?
- AVS (auxiliaire de vie scolaire) est l’ancien nom, encore utilisé par beaucoup de familles ; AESH est le statut actuel, créé pour donner un contrat de droit public et une perspective de CDI. Reprenez le mot AESH dans la lettre ; l’administration ne recrute plus sous l’intitulé AVS.
- Comment écrire une lettre d’AESH sans expérience ?
- Commencez par votre condition d’éligibilité, puis donnez ce qui prouve le rôle : aide aux devoirs, animation, aide à la personne, bénévolat, un proche accompagné dit en une phrase. Montrez que vous connaissez le cadre (enseignant responsable, PIAL, adaptation des supports) et ses limites. Donnez votre secteur, votre mobilité et votre disponibilité sur le temps scolaire.
- Faut-il parler d’un proche en situation de handicap dans la lettre ?
- Vous pouvez le dire en une phrase, si cela explique votre connaissance du handicap et votre choix, sans détail médical ni identifiant. Ce qui compte pour le service est ce que vous savez faire auprès d’un élève et dans une classe ; l’expérience personnelle éclaire, elle ne remplace pas la description du rôle.
Mis à jour le 21 octobre 2026.