CV et lettre de motivation en Suisse romande
En Suisse romande, le CV porte habituellement une photo, la date de naissance, la nationalité et, pour un candidat étranger, le type de permis de travail (B, C ou G) ; deux pages sont acceptées. La lettre de motivation se vouvoie et adopte un registre sobre et factuel, chiffres, responsabilités et formation (CFC, brevet, HES) plutôt qu’adjectifs. La formule de politesse d’usage est « Je vous remercie de l’attention portée à ma candidature et vous adresse, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations. »
L’essentiel
- Sur un CV suisse, la photo est attendue par les recruteurs ; son absence se remarque.
- La date de naissance, la nationalité et la situation familiale sont d’usage sur un CV en Suisse romande.
- Un candidat sans nationalité suisse indique son permis de travail (B, C, G) ou précise qu’il devra en obtenir un.
- Le CV suisse peut faire deux pages, quelle que soit l’expérience.
- Les recruteurs suisses lisent les chiffres et les responsabilités ; le registre de la lettre est sobre et précis.
Le CV en Suisse romande : photo, date de naissance, nationalité, permis
Le CV suisse est plus fourni que le français en état civil. La photo est attendue : une photo récente, de face, sobre, en haut du CV. La date de naissance, la nationalité et la situation familiale (célibataire, marié) s’indiquent d’usage dans un bloc « Informations » ; les recruteurs y sont habitués et leur absence peut être lue comme un oubli. Rien de cela n’est une obligation, mais c’est la convention, et s’en écarter sans raison fait perdre un point.
Le permis de travail s’ajoute à ce bloc pour tout candidat qui n’a pas la nationalité suisse : permis B (séjour), permis C (établissement), permis G (frontalier). L’adresse se donne avec le code postal à quatre chiffres et la localité, « 1004 Lausanne ». Le téléphone au format suisse ou international, le courriel sobre. Le permis de conduire se mentionne si le poste le demande.
Deux pages, et la formation en bonne place : CFC, brevet, HES
Deux pages sont acceptées en Suisse, même pour un parcours de quelques années : le CV y est plus détaillé qu’en France, avec les missions, les résultats et parfois les références. Les rubriques suivent l’ordre habituel : titre, profil, expérience professionnelle, formation, compétences, langues, informations. Les dates sont précises, mois et année, pour chaque poste et chaque formation.
La formation a un poids particulier. L’apprentissage et le CFC (certificat fédéral de capacité) sont des titres reconnus et respectés ; nommez-les avec leur intitulé exact et l’entreprise formatrice. Même chose pour la maturité, le brevet fédéral, le diplôme fédéral, les titres HES, ES et universitaires. Préférez le mot « formation » à « diplôme » quand il s’agit d’un apprentissage ou d’un CFC. Si votre titre est étranger, indiquez-le tel quel et, si vous l’avez obtenue, sa reconnaissance en Suisse.
Les langues comptent : le français, mais aussi l’allemand (et le suisse allemand à l’oral si vous le comprenez), l’anglais, l’italien. Donnez un niveau réel, avec le cadre européen. Pour un poste dans une entreprise active dans tout le pays, l’allemand est souvent un atout décisif ; ne le surévaluez pas.
La lettre : sobre, factuelle, vouvoyée
La lettre suisse se vouvoie et tient sur une page. Son registre est sobre et précis : les recruteurs lisent les chiffres et les responsabilités, pas les adjectifs. Chaque paragraphe apporte un fait : un chiffre d’affaires suivi, une équipe encadrée, une certification, un volume traité. Les déclarations d’enthousiasme sans preuve ne sont pas lues.
La structure reste celle d’une lettre francophone : l’offre et l’entreprise, ce que vous apportez, ce que vous proposez. Les formules de courtoisie sont présentes mais brèves. Les anglicismes sont tolérés quand ils sont ceux du métier, pas quand ils remplacent un mot français courant. Si votre profil indique une nationalité non suisse, le permis de travail est un fait utile à placer en une phrase, sans en faire un paragraphe.
Formules, date, objet, annexes
La ligne de date indique le lieu : « Genève, le 16 octobre 2026 ». L’objet reprend l’intitulé du poste et la référence. La salutation est « Madame, Monsieur, » ou, si le nom est connu, « Madame Favre, » ou « Monsieur Favre, ». La signature : prénom et nom.
La formule de politesse d’usage : « Je vous remercie de l’attention portée à ma candidature et vous adresse, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations. » « Meilleures salutations » est la forme courante en Suisse, là où la France écrit « l’expression de mes salutations distinguées ». Les documents joints (CV, certificats de travail, diplômes) se listent en bas de lettre sous « Annexes » : en Suisse, les certificats de travail des employeurs précédents sont souvent demandés avec la candidature, et un dossier complet est apprécié.
Le permis de travail : le dire en une phrase
Le permis de travail n’est pas un sujet gênant en Suisse : c’est une information pratique que l’employeur doit connaître. Sur le CV, une ligne : « Nationalité : française, permis G (frontalier) » ou « Permis B ». Dans la lettre, une phrase suffit, au moment où vous parlez de votre disponibilité : « Je réside à Annemasse et dispose d’un permis G. » Si vous n’avez pas encore de permis, dites-le clairement plutôt que de laisser le recruteur le découvrir.
Ce qui diffère de la France
Par rapport à la France : la photo attendue plutôt que facultative, la date de naissance, la nationalité et la situation familiale d’usage plutôt que facultatives ou absentes, le permis de travail indiqué, deux pages acceptées, un vocabulaire de formation propre (CFC, maturité, HES) et une formule de politesse en « meilleures salutations ». Le vouvoiement et la structure en trois temps sont communs aux deux pays.
CVplume applique ces usages quand vous choisissez « Suisse » : les champs photo, date de naissance, nationalité, situation et permis sont proposés, imprimés si vous les renseignez, et la lettre adopte le registre et la formule suisses, avec les faits de votre parcours reliés à l’offre que vous collez.
Les erreurs qui coûtent
- Envoyer un CV sans photo ni date de naissance en pensant que l’usage français s’applique.
- Omettre le permis de travail quand on n’a pas la nationalité suisse.
- Écrire « diplôme » pour un CFC ou un apprentissage.
- Remplir la lettre d’adjectifs là où le recruteur attend des chiffres et des responsabilités.
- Oublier de joindre les certificats de travail lorsque l’offre les demande.
- Terminer par la formule française « l’expression de mes salutations distinguées » plutôt que par « mes meilleures salutations ».
- Surévaluer son niveau d’allemand.
Questions fréquentes
- Faut-il une photo sur un CV en Suisse ?
- Oui, c’est l’usage, et son absence se remarque. Choisissez une photo récente, de face, sobre, placée en haut du CV. Ce n’est pas une obligation, mais la convention est forte en Suisse romande.
- Doit-on indiquer sa nationalité et son permis sur un CV suisse ?
- La nationalité est d’usage, et le permis de travail (B, C ou G) l’est pour tout candidat qui n’a pas la nationalité suisse. C’est une information pratique que l’employeur doit connaître ; une ligne dans le bloc « Informations » suffit. Si vous n’avez pas encore de permis, dites-le.
- Combien de pages pour un CV en Suisse ?
- Deux pages sont acceptées, quelle que soit l’expérience. Le CV suisse est plus détaillé que le français : missions, résultats, formation complète, langues, informations personnelles d’usage.
- Comment terminer une lettre de motivation en Suisse ?
- Par une formule sobre : « Je vous remercie de l’attention portée à ma candidature et vous adresse, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations. » « Meilleures salutations » est la forme courante en Suisse romande. Listez ensuite vos annexes (CV, certificats de travail, diplômes).
- Que sont les certificats de travail et faut-il les joindre ?
- Ce sont les attestations remises par vos employeurs précédents à la fin de chaque contrat, décrivant le poste, la durée et souvent la qualité du travail. En Suisse, ils sont souvent demandés avec la candidature ; joignez-les quand l’offre les mentionne, et listez-les sous « Annexes ».
- Qu’est-ce qu’un CFC ?
- Le certificat fédéral de capacité est le titre obtenu à la fin d’un apprentissage en Suisse, en général de trois ou quatre ans, en entreprise et en école professionnelle. C’est un titre reconnu et respecté par les employeurs ; nommez-le avec son intitulé exact et l’entreprise formatrice.
Mis à jour le 16 octobre 2026.