CV et lettre de motivation en Belgique
En Belgique, le CV et la lettre de motivation en français suivent des usages proches de la France, avec trois différences : la mention des langues (néerlandais, anglais) pèse davantage, le ton de la lettre est cordial et moins cérémonieux, et le permis de travail peut être indiqué si votre situation le rend utile. Photo et date de naissance restent facultatives, la situation familiale ne figure pas, et une page suffit sous dix ans d’expérience.
L’essentiel
- Sur un CV belge, la photo, la date de naissance et la nationalité sont facultatives ; la situation familiale ne figure pas.
- La mention du permis de travail est facultative en Belgique et utile pour un candidat qui n’est pas ressortissant de l’Union européenne.
- La connaissance du néerlandais et de l’anglais se mentionne sur le CV et dans la lettre dès qu’elle existe, même à un niveau intermédiaire.
- La lettre belge se vouvoie, mais son ton est cordial : les formules longues passent pour guindées.
- La formule de politesse d’usage : « Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. »
Un pays, trois langues : ce que cela change pour votre candidature
La Belgique a trois langues officielles : le français, le néerlandais et l’allemand. Une candidature en français s’adresse à un employeur de Wallonie, de Bruxelles ou à une entreprise nationale qui recrute dans les deux grandes langues. À Bruxelles et dans les entreprises actives sur tout le pays, la connaissance du néerlandais est souvent demandée ou appréciée ; l’anglais l’est dans les sièges d’entreprises internationales et les institutions.
Concrètement, la rubrique Langues de votre CV se lit tôt et avec attention. Indiquez chaque langue avec un niveau honnête, idéalement selon le cadre européen (A2 à C2), et distinguez si besoin l’oral de l’écrit. Dans la lettre, une phrase suffit : « Je travaille en français et je tiens une conversation professionnelle en néerlandais (B1). » Si vous ne parlez pas néerlandais, ne l’inventez pas ; les tests à l’embauche existent.
Le CV en Belgique : ce qui figure
L’état civil est réduit : prénom, nom, téléphone, courriel, code postal et commune. La photo est facultative, comme la date de naissance et la nationalité ; vous les ajoutez si vous le souhaitez, sans obligation. La situation familiale ne figure pas. Le permis de travail peut se mentionner en une ligne quand il apporte une information utile, par exemple pour un candidat hors Union européenne dont le titre de séjour autorise le travail.
Le CV tient sur une page jusqu’à une dizaine d’années d’expérience, deux au-delà. Les rubriques suivent l’ordre habituel : titre, profil, expérience professionnelle, formation, compétences, langues. Les diplômes se nomment avec leur intitulé belge (bachelier, master, CESS) ; si vous avez étudié ailleurs, donnez l’intitulé d’origine et, entre parenthèses, l’équivalent approximatif. Les dates s’écrivent avec le mois et l’année.
La lettre : cordiale, directe, vouvoyée
La lettre belge se vouvoie, comme en France, mais le ton est plus cordial et moins cérémonieux. Les formules longues et les tournures très déférentes, courantes dans la lettre française, passent pour guindées. Entrez dans le sujet dès la première phrase : l’offre, l’entreprise, ce que vous apportez. Trois ou quatre paragraphes, une page, des faits datés et chiffrés.
Le fond ne change pas : vous (l’offre et l’entreprise), moi (deux ou trois faits de votre parcours qui y répondent), nous (ce que vous proposez). Mentionnez vos langues si votre profil les contient, évitez les anglicismes gratuits quand un mot français existe, et restez sobre sur les adjectifs. Un recruteur belge lit volontiers une lettre simple et directe, et se méfie d’une lettre qui en fait trop.
Formules, date et objet
La ligne de date indique le lieu : « Namur, le 16 octobre 2026 ». L’objet reprend l’intitulé du poste et la référence de l’offre si elle existe. La salutation est « Madame, Monsieur, » quand le destinataire n’est pas connu ; sinon, « Madame Peeters, » ou « Monsieur Peeters, », sans « Chère » ni « Cher ».
La formule de politesse d’usage est « Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. » Elle est un peu plus courte et plus directe que la formule française avec « l’expression de ». Une seule formule, en dernier paragraphe, suivie du prénom et du nom. La signature manuscrite n’est pas nécessaire sur un PDF.
Les services publics de l’emploi : Forem, Actiris, VDAB
Chaque région a son service public de l’emploi : le Forem en Wallonie, Actiris à Bruxelles, le VDAB en Flandre. Ils publient des offres, accompagnent les chercheurs d’emploi et proposent des formations, notamment en langues. Si vous êtes inscrit auprès de l’un d’eux, vous n’avez pas à le mentionner dans la lettre ; en revanche, les offres qu’ils relaient portent souvent un numéro de référence à reprendre dans l’objet.
Pour une offre publiée en néerlandais par une entreprise flamande, la candidature se rédige en néerlandais, ou en anglais si l’offre le propose ; une lettre en français y est rarement attendue. Pour une offre bilingue, répondez dans la langue de l’annonce que vous maîtrisez le mieux et indiquez votre niveau dans l’autre.
Ce qui diffère de la France
Par rapport à la France : même état civil réduit, même longueur, même vouvoiement, mais un ton plus cordial, une formule de politesse plus courte, une rubrique Langues qui pèse davantage et un permis de travail que l’on peut mentionner. Par rapport à la Suisse, la Belgique n’attend pas la photo ni la date de naissance ; par rapport au Québec, elle ne les écarte pas.
CVplume applique ces usages quand vous choisissez « Belgique » : formule de politesse belge, ton cordial, mention des langues si votre profil les contient, permis de travail imprimé seulement si vous le renseignez, et le texte du CV comme de la lettre adapté à l’offre que vous collez.
Les erreurs qui coûtent
- Omettre la rubrique Langues ou la laisser sans niveau.
- Inventer un niveau de néerlandais que vous ne pourriez pas tenir en entretien.
- Recopier une lettre française très cérémonieuse : en Belgique, elle paraît guindée.
- Répondre en français à une offre rédigée uniquement en néerlandais sans que l’annonce le propose.
- Mettre la situation familiale sur le CV.
- Oublier la référence de l’offre quand elle vient du Forem, d’Actiris ou du VDAB.
- Multiplier les anglicismes (« skills », « background ») dans une lettre en français.
Questions fréquentes
- Faut-il mettre une photo sur un CV en Belgique ?
- Non, c’est facultatif, comme la date de naissance et la nationalité. Vous pouvez en mettre une, sobre et récente, ou vous en passer sans que cela se remarque. La situation familiale, elle, ne figure pas.
- Faut-il parler néerlandais pour trouver un emploi en Belgique ?
- Pas partout : en Wallonie, beaucoup de postes se font en français seul. À Bruxelles et dans les entreprises actives sur tout le pays, le néerlandais est souvent demandé ou apprécié, et l’anglais l’est dans les sièges internationaux. Indiquez votre niveau réel ; un niveau intermédiaire honnête vaut mieux qu’un niveau gonflé.
- Comment terminer une lettre de motivation en Belgique ?
- Par une formule courte et cordiale : « Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. » Une seule formule, puis votre prénom et votre nom.
- Quelle différence entre une lettre de motivation belge et française ?
- Le fond est le même : vouvoiement, une page, des faits reliés à l’offre. La lettre belge est plus cordiale et moins cérémonieuse, sa formule de politesse est plus courte, et elle mentionne les langues dès que le profil les contient. Une lettre française très déférente paraît guindée à un lecteur belge.
- Faut-il indiquer son permis de travail sur un CV belge ?
- C’est facultatif. Pour un candidat hors Union européenne dont le titre de séjour autorise le travail, une ligne le précisant répond à une question que l’employeur se pose. Pour un ressortissant de l’Union européenne, la mention est inutile.
- Combien de pages pour un CV en Belgique ?
- Une page jusqu’à une dizaine d’années d’expérience, deux au-delà, comme en France. Les rubriques suivent l’ordre habituel, avec une rubrique Langues soignée.
Mis à jour le 16 octobre 2026.