Lettre de motivation alternance : apprentissage et contrat de professionnalisation
Une lettre de motivation pour une alternance s’adresse à deux lecteurs : l’entreprise qui signe le contrat et l’école ou le CFA qui valide l’inscription. Elle précise la formation visée, le rythme (par exemple deux jours en cours, trois en entreprise), la date de début et la durée du contrat, puis remplace l’expérience manquante par les stages, les périodes en milieu professionnel et les projets. Elle fait une page, comme toute lettre de motivation.
L’essentiel
- L’alternance recouvre deux contrats : le contrat d’apprentissage, qui relève de la formation initiale, et le contrat de professionnalisation, qui relève de la formation continue.
- La lettre destinée à l’entreprise indique la formation, l’école, le rythme hebdomadaire, la date de début et la durée du contrat.
- L’admission dans beaucoup de formations en alternance est conditionnée à la signature d’un contrat avec une entreprise.
- Les stages, les périodes de formation en milieu professionnel et les projets scolaires tiennent lieu d’expérience.
Un double destinataire : l’entreprise et l’école
La plupart des formations en alternance acceptent le candidat sous réserve qu’il trouve une entreprise ; c’est donc souvent l’employeur qui décide de votre rentrée. Il lit la lettre comme un recruteur : il veut un alternant fiable, qui apprend vite et qui comprend ce qu’il va faire les jours où il est au travail. Les détails de la formation l’intéressent dans la mesure où ils expliquent votre disponibilité et vos compétences à venir.
L’école ou le CFA, de son côté, lit une lettre plus courte où vous expliquez pourquoi cette formation, ce que vous en attendez et où en est votre recherche d’entreprise. Ne confondez pas les deux : une lettre d’école envoyée à un employeur parle de programme et d’examens là où il attend des missions, un rythme et une date.
Apprentissage ou contrat de professionnalisation : ce que la lettre précise
Le contrat d’apprentissage prépare un diplôme ou un titre reconnu dans le cadre de la formation initiale, avec un centre de formation d’apprentis ; le contrat de professionnalisation relève de la formation continue et vise une qualification, souvent après un premier parcours ou une période de recherche d’emploi. Les deux alternent travail en entreprise et formation, et les deux sont des contrats de travail signés par l’entreprise, par vous et en lien avec l’organisme de formation.
Nommez le contrat que vous visez dès l’objet : « candidature pour un contrat d’apprentissage, BTS Comptabilité et gestion ». L’employeur sait alors immédiatement quel dispositif s’applique, quelles démarches l’attendent et sur quelle durée. Si votre école accepte les deux formes, dites-le : cela élargit les possibilités de l’entreprise.
Le rythme et les dates : les faits que l’employeur attend
Un employeur qui recrute un alternant organise le travail autour de ses absences. Il a donc besoin de connaître le rythme exact (jours de la semaine ou alternance de semaines), la date de la rentrée, la durée du contrat (un à trois ans selon le diplôme) et les périodes d’examen. Ces informations figurent sur la fiche de la formation ; recopiez-les dans la lettre, elles lui évitent un appel.
Indiquez aussi l’état de votre admission : « admis sous réserve de contrat », « inscription validée à la signature », « en attente de réponse ». Un employeur préfère un candidat admis qui attend un contrat à un candidat qui n’a pas encore postulé à l’école. Si vous disposez d’un contact à l’école pour les formalités du contrat, donnez-le : vous lui simplifiez la tâche.
- Formation exacte, école ou CFA, ville.
- Rythme : « deux jours en formation, trois jours en entreprise » ou alternance de semaines.
- Date de début et durée du contrat.
- État de l’admission et contact à l’école pour la signature.
Ce qui remplace l’expérience : stages, périodes en entreprise, projets
À dix-huit ou vingt ans, votre parcours professionnel se compose de périodes de formation en milieu professionnel, de stages, de jobs d’été et de projets de classe. Chacun peut fournir un fait précis : le logiciel utilisé, le volume traité, la tâche confiée seul, le résultat. « Huit semaines dans un cabinet comptable, 400 factures saisies par mois, lettrage et rapprochements bancaires » vaut une expérience aux yeux d’un employeur qui cherche un apprenti comptable.
Les projets scolaires comptent aussi s’ils sont décrits avec leur résultat : une étude de gestion, un site réalisé, un événement organisé avec un budget. Évitez de les gonfler ; l’employeur sait ce qu’est un travail de lycée et apprécie qu’on le présente pour ce qu’il est. Terminez par ce que vous voulez apprendre chez lui, en reprenant ses missions.
Montrer que vous tiendrez les deux rythmes
L’inquiétude principale d’un employeur d’alternant est l’abandon ou l’absentéisme. Répondez-y par des faits : trajets réalistes entre domicile, école et entreprise, expérience d’un rythme soutenu (job du week-end pendant les cours, saison d’été), résultats scolaires tenus pendant une période en entreprise. Une phrase sur votre organisation vaut mieux qu’un paragraphe sur votre motivation.
La lettre destinée à l’école ou au CFA
Pour l’école, une version courte suffit : la formation visée et pourquoi, vos résultats et spécialités, votre projet après le diplôme, et l’état de votre recherche d’entreprise, avec les noms des entreprises contactées si vous le souhaitez. Les CFA aident souvent à trouver l’employeur ; dire où vous en êtes leur permet de vous orienter. Même structure en trois temps, même exigence de faits, moitié moins de mots.
Exemple de lettre de motivation pour un contrat d’apprentissage en BTS Comptabilité et gestion
Hugo Bernard, titulaire d’un bac professionnel AGOrA, est admis sous réserve de contrat en BTS Comptabilité et gestion en apprentissage dans un CFA. Il écrit à un cabinet d’expertise comptable de vingt personnes qui a publié une annonce d’apprenti comptable.
Objet : Objet : candidature pour un contrat d’apprentissage, apprenti comptable, BTS Comptabilité et gestion (rentrée de septembre)
Madame, Monsieur,
Votre cabinet recrute un apprenti comptable pour la tenue des dossiers de TPE et d’artisans, en appui des collaborateurs du pôle expertise. Je suis admis au BTS Comptabilité et gestion en apprentissage au [CFA de la Chambre de métiers de la ville], sous réserve de contrat, pour une rentrée le [date], sur un rythme de deux jours en formation et trois jours en entreprise pendant deux ans.
Pendant mon bac professionnel AGOrA, j’ai effectué 22 semaines de formation en milieu professionnel, dont huit dans un cabinet comptable de [ville]. On m’a confié la saisie d’environ 400 factures d’achat et de vente par mois dans le logiciel du cabinet, le lettrage des comptes clients et fournisseurs, les rapprochements bancaires de douze dossiers et la préparation des pièces pour les déclarations de TVA. Ma tutrice m’a laissé tenir seul deux dossiers de commerçants durant les trois dernières semaines.
J’ai obtenu 15 en économie-droit et 14 en gestion au baccalauréat, et je maîtrise Excel (formules, tableaux croisés dynamiques) pour avoir construit le tableau de suivi des encaissements de mon dernier stage. Depuis deux ans, je travaille le samedi dans une boulangerie, ce qui m’a appris à tenir un rythme régulier en parallèle des cours.
Votre annonce mentionne la montée en compétences sur les déclarations fiscales et les bilans en deuxième année : c’est précisément le programme du BTS, et je souhaite l’apprendre dans un cabinet où les dossiers sont variés. Je peux vous transmettre le contact du CFA pour les formalités du contrat et me tiens à votre disposition pour un entretien dès cette semaine.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Prénom Nom
Les erreurs qui coûtent
- Envoyer à l’employeur la lettre écrite pour l’école, qui parle de programme et d’examens au lieu de missions.
- Oublier le rythme, la date de rentrée ou la durée du contrat, que l’employeur devra demander par téléphone.
- Taire l’état de l’admission, alors qu’« admis sous réserve de contrat » rassure l’entreprise.
- Présenter un stage de trois semaines comme une expérience professionnelle complète.
- Parler de « passion pour la comptabilité » au lieu de citer les tâches déjà réalisées.
- Ne pas dire comment vous vous rendrez à l’école et à l’entreprise quand elles sont éloignées.
- Dépasser une page : l’employeur d’alternant lit encore plus vite qu’un recruteur classique.
Questions fréquentes
- Comment écrire une lettre de motivation pour une alternance sans expérience ?
- Remplacez l’expérience par les faits de votre parcours scolaire : périodes en entreprise, stages, projets avec résultat, jobs étudiants. Donnez pour chacun un chiffre, un outil ou une tâche confiée seul. Ajoutez le rythme, les dates et l’état de votre admission : ce sont les informations que l’employeur cherche en premier.
- Faut-il une lettre différente pour l’école et pour l’entreprise ?
- Oui. L’entreprise attend des missions, un rythme, une date et des faits ; l’école attend votre projet de formation, vos résultats et l’avancement de votre recherche d’entreprise. La structure en trois temps est la même, le contenu change et la lettre pour l’école est plus courte.
- Quelle différence entre contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation dans la lettre ?
- Nommez le contrat visé dès l’objet. L’apprentissage relève de la formation initiale et prépare un diplôme ou un titre ; le contrat de professionnalisation relève de la formation continue et vise une qualification. Si votre formation accepte les deux, dites-le pour laisser le choix à l’entreprise.
- Quand envoyer sa lettre de motivation pour une alternance ?
- Dès que vous connaissez votre formation et son rythme, idéalement plusieurs mois avant la rentrée : les entreprises qui recrutent des alternants s’organisent tôt. Les écoles publient les dates limites de signature des contrats ; vérifiez-les et mentionnez la date de rentrée dans la lettre.
- Comment parler du rythme d’alternance dans la lettre ?
- En une phrase factuelle, recopiée de la fiche de formation : « deux jours en formation, trois jours en entreprise » ou « deux semaines en entreprise, une semaine en cours », avec la date de début et la durée du contrat. L’employeur a besoin de cette information pour organiser le travail ; donnez-la sans attendre qu’il la demande.
Mis à jour le 16 octobre 2026.