Lettre de motivation infirmier / infirmière : exemple et conseils
Une lettre de motivation d’infirmier ou d’infirmière convainc un cadre de santé quand elle parle du service visé, pas du métier en général : le type de patients, les actes que vous maîtrisez, les horaires que vous acceptez (nuits, week-ends, 12 heures) et la date à laquelle vous pouvez prendre le poste. Elle tient sur une page, nomme le diplôme d’État et le numéro d’inscription à l’Ordre, et donne deux ou trois faits tirés de vos stages ou de vos postes précédents.
L’essentiel
- L’exercice en France exige le diplôme d’État d’infirmier (DEI) et l’inscription au tableau de l’Ordre national des infirmiers ; la lettre les mentionne en une ligne.
- Un cadre de santé recrute pour un service précis : la lettre qui nomme ce service et ses patients passe avant celle qui parle de « vocation ».
- Les horaires sont un critère d’embauche, pas un détail : nuits, week-ends, postes de 12 heures, remplacements d’été se disent dès la lettre.
- Les stages du cursus (soins généraux, psychiatrie, lieux de vie, urgences) tiennent lieu d’expérience pour un jeune diplômé s’ils sont décrits par leurs actes.
- Pour les concours et l’entrée en IFSI, la « lettre » prend la forme du projet de formation motivé de Parcoursup ou d’un dossier de formation professionnelle continue.
Un premier paragraphe prêt à adapter
Une infirmière diplômée depuis deux ans, en poste en service de médecine polyvalente, répond à l’annonce d’un centre hospitalier pour un poste en chirurgie orthopédique de jour, en 12 heures.
Objet : Candidature au poste d’infirmière en chirurgie orthopédique, réf. [référence de l’offre]
Madame, Monsieur,
Votre annonce pour un poste d’infirmière en chirurgie orthopédique, en 12 heures de jour, décrit la surveillance post-opératoire, la gestion de la douleur et l’éducation des patients avant leur retour à domicile. Diplômée d’État en [année] et inscrite à l’Ordre, j’exerce depuis deux ans en médecine polyvalente au [nom de l’établissement], dans un service de 30 lits où j’assure seule, par poste, les perfusions, les pansements et la préparation des sorties. J’ai découvert la chirurgie orthopédique lors de mon stage de troisième année et je souhaite y revenir : c’est pourquoi je vous adresse ma candidature, disponible à partir du [date], préavis compris.
Ce que le recruteur cherche vraiment
Le cadre de santé ou le directeur des soins qui lit votre lettre a un planning à tenir. Il cherche une personne qui peut prendre le poste à une date donnée, sur les horaires du service, et qui connaît déjà le type de prise en charge : chirurgie, médecine, gériatrie, psychiatrie, réanimation, bloc, soins à domicile. Il veut savoir en quelques lignes si vous avez déjà travaillé avec cette population de patients et ces rythmes, ou quels stages vous y ont préparé.
Il lit ensuite ce que vous savez faire sans être accompagné : pose de voie veineuse périphérique, transfusion, chimiothérapie, pansements complexes, surveillance post-opératoire, administration des traitements, dossier patient informatisé. Un acte nommé vaut dix adjectifs. Enfin, il regarde votre rapport à l’équipe : relève, binôme avec les aides-soignants, transmission écrite et orale. Une phrase qui montre que vous savez transmettre le rassure plus qu’un paragraphe sur l’empathie.
Les mots des offres, et la preuve à donner pour chacun
Relevez dans l’annonce les mots qui reviennent et reliez chacun à un fait de votre parcours. Les plus fréquents pour ce métier :
- Prise en charge globale du patient : un service où vous l’avez pratiquée, avec le type de patients et le nombre de lits.
- Soins techniques, actes sur prescription : les actes que vous réalisez seul, nommés (VVP, perfusions, pansements, sondages, surveillance de drains).
- Travail en 12 heures, nuits, week-ends, roulement : vos disponibilités exactes et les rythmes que vous avez déjà tenus.
- Transmissions, continuité des soins, dossier patient informatisé : le logiciel que vous connaissez et votre pratique de la relève.
- Travail en équipe pluridisciplinaire : un exemple de coordination avec un médecin, un kinésithérapeute, une aide-soignante.
- Rigueur, gestion du stress, priorisation : une situation précise où vous avez dû hiérarchiser des soins, racontée en deux lignes.
- Éducation thérapeutique, accompagnement des familles : un programme ou une pathologie sur laquelle vous l’avez pratiquée.
Avec de l’expérience : les faits qui comptent
Si vous exercez déjà, votre lettre choisit deux ou trois faits et les relie au service visé. Les faits qui parlent à un cadre : le nombre de lits ou de patients par poste, les actes réalisés en autonomie, les protocoles que vous appliquez, le logiciel de dossier patient, les horaires tenus sur la durée. Une infirmière de médecine qui postule en chirurgie dira ce qu’elle sait déjà faire (surveillance des constantes, antalgie, pansements) et ce qu’elle vient apprendre (drains, redons, surveillance post-opératoire immédiate).
Expliquez le changement sans dénigrer votre service actuel : un rythme plus compatible avec votre vie, une spécialité qui vous attire depuis un stage, un établissement plus proche, un projet de spécialisation (IADE, IBODE, puéricultrice, pratique avancée) auquel ce poste prépare. Terminez par la date de prise de poste possible compte tenu de votre préavis, et par les horaires que vous acceptez.
Sans expérience ou en début de carrière
Un jeune diplômé a trois ans de stages derrière lui : c’est une expérience, à condition de la décrire par ses actes et ses lieux. « Dix semaines en chirurgie orthopédique, 28 lits, surveillance post-opératoire, pansements et éducation à l’anticoagulation » dit plus qu’un « stage en chirurgie ». Citez deux stages liés au service visé, et ce que vous y faisiez seul en fin de stage. Mentionnez votre date de diplôme et votre inscription à l’Ordre, ou la date prévue.
Dites ce que vous savez du service : vous y avez fait un stage, vous connaissez l’établissement, vous avez lu l’offre et ses horaires. Donnez vos disponibilités sans réserve sur les nuits et les week-ends si vous les acceptez : pour un premier poste, c’est souvent ce qui fait la différence entre deux candidatures égales.
La structure d’une lettre de infirmier en trois temps
La lettre tient sur une page, en quatre paragraphes. D’abord vous : l’offre, l’établissement ou l’entreprise, ce que vous en avez compris. Puis moi : deux ou trois faits de votre parcours qui répondent aux mots de l’annonce, avec les éléments que ce métier exige (voir « Prérequis »). Puis nous : ce que vous proposez, disponibilités, date de début, rencontre. Enfin une formule de politesse sobre.
- Prérequis : Diplôme d’État d’infirmier (DEI), obtenu en trois ans en institut de formation en soins infirmiers (IFSI).
- Prérequis : Inscription au tableau de l’Ordre national des infirmiers, obligatoire pour exercer.
- Prérequis : Vaccinations réglementaires à jour (hépatite B notamment), vérifiées par la médecine du travail à l’embauche.
- Prérequis : Pour la fonction publique hospitalière, le recrutement se fait par concours sur titres ou en contractuel.
Pour un stage de infirmier
Pour un stage de cursus, la demande s’adresse au cadre du service et précise le semestre, les dates fixées par l’IFSI, les compétences du référentiel que vous devez valider et ce que vous avez déjà validé. Un service accueille plus volontiers un étudiant qui sait ce qu’il vient chercher : nommez deux ou trois actes ou situations de soins que vous souhaitez travailler et rappelez votre statut d’étudiant (année, institut).
Parcoursup : le projet de formation motivé
L’entrée en IFSI passe par Parcoursup : la « lettre » est le projet de formation motivé, limité en caractères, lu par la commission de l’institut. Il doit dire ce que vous savez du métier (une immersion, un stage d’observation, un proche soignant, une lecture précise du référentiel), pourquoi cet institut, et comment vous tiendrez trois années exigeantes (organisation, résultats, expérience d’un rythme soutenu). Évitez le récit de vocation depuis l’enfance ; préférez une situation concrète qui vous a fait comprendre ce qu’est un soin.
Candidature spontanée : à qui écrire, quoi dire
Une candidature spontanée s’adresse à la direction des soins ou à la direction des ressources humaines de l’établissement, en nommant les services que vous visez et vos disponibilités. Les établissements recrutent souvent hors annonce, en remplacement ou sur des postes qui s’ouvrent au fil des départs : une lettre qui précise « nuit, week-end, 12 heures acceptés » et une date de disponibilité est lue avec attention. Joignez votre CV et votre numéro d’Ordre.
En reconversion vers le métier de infirmier
La reconversion vers le métier passe par l’IFSI (formation professionnelle continue, avec un dossier et parfois un entretien) : votre lettre explique ce qui, dans votre métier actuel, vous a préparé au soin (relation d’aide, responsabilité, travail en équipe, rythme), ce que vous avez vérifié du métier (immersion, enquête auprès de professionnels) et comment vous financez et organisez trois années de formation. Les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture disposent de passerelles d’accès à la formation.
Les erreurs qui coûtent
- Parler de vocation et d’empathie sans nommer un seul acte, un seul service, un seul rythme.
- Oublier le diplôme d’État, l’inscription à l’Ordre ou la date de disponibilité : ce sont les trois premières questions du cadre.
- Envoyer la même lettre à un service de réanimation et à un EHPAD, alors que les patients, les actes et les rythmes n’ont rien en commun.
- Taire ses contraintes horaires et les découvrir en entretien : mieux vaut les écrire et postuler aux postes compatibles.
- Lister des « qualités » (rigoureuse, dynamique) à la place des faits qui les prouvent.
- Dépasser une page ou ouvrir par « Je me permets de vous adresser ma candidature ».
Questions fréquentes
- Faut-il mentionner le numéro d’inscription à l’Ordre dans la lettre ?
- Oui, en une ligne, avec le diplôme d’État et son année : « Infirmière diplômée d’État (2024), inscrite au tableau de l’Ordre sous le n° … ». L’employeur devra le vérifier avant la prise de poste ; le donner d’emblée lui évite une relance et montre que vous connaissez la règle.
- Comment écrire une lettre de motivation d’infirmière jeune diplômée ?
- Remplacez les postes par vos stages, décrits par leurs actes et leurs lieux, en choisissant ceux qui ressemblent au service visé. Indiquez la date de votre diplôme, votre inscription à l’Ordre, vos disponibilités (nuits, week-ends) et la date à laquelle vous pouvez commencer. Une lettre courte qui nomme deux stages précis vaut mieux qu’une page sur votre motivation.
- Quelle lettre pour un poste d’infirmière en EHPAD ?
- Parlez de la personne âgée et du travail en équipe avec les aides-soignants : préparation et distribution des traitements pour plusieurs dizaines de résidents, plaies chroniques, surveillance des pathologies chroniques, lien avec les familles et le médecin coordonnateur, souvent en étant la seule infirmière présente. Dites clairement que vous savez organiser une journée seule et déléguer ce qui peut l’être.
- Comment postuler en intérim ou en remplacement ?
- La lettre peut être très courte : vos services de prédilection, les actes que vous réalisez en autonomie, les horaires acceptés et vos périodes de disponibilité. Les agences et les établissements cherchent d’abord à savoir où ils peuvent vous placer rapidement ; une liste claire de services et de rythmes répond à cette question.
- La lettre doit-elle parler de la pénibilité ou des conditions de travail ?
- Pas en termes de plainte, mais en termes de faits sur vous : les rythmes que vous avez déjà tenus, votre organisation, ce qui vous fait choisir ce service plutôt qu’un autre. Un cadre préfère un candidat qui connaît les contraintes et dit comment il les tient à un candidat qui les découvre en poste.
Mis à jour le 21 octobre 2026.